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36 articles avec litterature

Immortelle randonnée

Publié le par Xôfi

Immortelle randonnée

Pour les amoureux de la marche en solitaire...un très beau récit de Rufin. Un style simple et efficace qui donne envie de partir randonner.

" A mesure que j'approchais les Asturies, le rivage devenait plus escarpé. Il prenait parfois sous l'orage des allures écossaises, avec ses rochers noirs et ses prairies d'un vert cru qui surplombaient les gerbes d'écume : c'était comme si la mer, sentant que j'allais bientôt la quitter, faisait étalage de tous ses charmes, pour que j'emporte d'elle un bon souvenir. Moi qui ne lui avais guère prêté attention tant qu'elle était étale et monotone, je me mettais à la contempler avec émotion et à chérir sa présence au point d'établir mes bivouacs dans son voisinage."

En arrivant aux alentours de Getaria : " Il faut toujours se méfier des régions vertes des régions vertes. Une végétation si drue, une verdure si éclatante ne peuvent avoir qu'une origine : la pluie."

Publié dans Littérature

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Sous le soleil de Floride...

Publié le par Xôfi

Sous le soleil de Floride...

"Sunset Park " de Paul Auster

" Il vous aveugle par ses rayonnements constants et trop brillants, vous pilonne de ses bouffées d'humidité vaporeuse, vous déstabilise par ses reflets aux allures de mirages et ses miroitements de vagues de néant. Tout cela scintille et vous éblouit mais ne vous apporte rien de substantiel, aucun calme, aucun répit".

Un beau roman écrit par Paul Auster sur les êtres humains blessés qui tentent par tous les moyens de vivre dans une société désorientée.

Résumé

Parce qu’il s’est toujours senti coupable de la mort accidentelle de son demi-frère, Miles s’est banni de sa propre histoire. Il a quitté sa famille, abandonné ses études, et travaille, en Floride, à débarrasser les maisons désertées par les victimes des subprimes. Amoureux d’une fille trop jeune, passible de détournement de mineure, Miles fait bientôt l’objet d’un chantage et est à nouveau obligé de partir. Il trouve alors refuge à Brooklyn où son ami Nathan squatte une maison délabrée, en compagnie de deux jeunes femmes, elles aussi condamnées à la marge de la société par l’impossibilité d’exprimer ou de faire valoir leurs talents. Désormais Miles se trouve géographiquement plus proche de son père, éditeur indépendant qui tente de traverser la crise financière, de sauver sa maison d’édition et de préserver son couple.

Publié dans Littérature

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"D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds"

Publié le par Xôfi

"D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds"

Voici un magnifique roman à découvrir écrit par l'islandais Jon Kalman Stefanson "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" : chronique familiale où se mêlent trois époques et trois générations de la même famille sur une île islandaise. L'écriture poétique et nostalgique est juste superbe.

Le décor ... " Le fjord de Norofjorour est court, aussi bref ou presque qu'une vague hésitation, cerné par des montagnes d'un peu plus de mille mètres, certaines aux arêtes acérées comme des lames de rasoir et fendues de gorges qui sont d'autant de cris."

L'ambiance ... " Chaque soir Oddu s'endormait au clapotis permanent des vagues et chaque matin se réveillait bercé par la même musique. Le soir elle lui composait des berceuses pour l'accompagner dans le sommeil, et le matin elle l'éveillait avec son joyeux babil; il est plus aisé de trouver le bonheur quand on vit auprès d'un rivage."

L'homme et l'océan ... " L'océan est plus vaste que le quotidien. En mer, l'homme se repose. Cet espace ouvert, cette immensité qui dépasse l'entendement vous calme, vous console, et vous permet d'envisager le problème avec la distance nécessaire, les difficultés qu'on connaît à terre, l'usure, les agacements, les relations, les obligations; il suffit de porter son regard sur les vagues pour que les aspérités de l'existence s'aplanissent."

Et la réflexion ... " Le problème est que personne n'est capable de marcher sur la mer, c'est d'ailleurs pourquoi les poissons n'ont pas de pieds."

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Bientôt le "Printemps de la poésie"...

Publié le par Xôfi

 

Extrait «  Pour un art poétique »

 

Prenez un mot prenez – en deux

faites – les cuir'comme des œufs

prenez un petit bout de sens

puis un grand morceau d'innocence

faites chauffer à petit feu

au petit feu de la technique

versez la sauce énigmatique

saupoudrez de quelques étoiles

poivrez et puis mettez les voiles

 

où voulez-vous en venir ?

A écrire

Vraiment ? A écrire ??

 

Raymond Queneau

 

 

Publié dans Littérature

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Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vignan

Publié le par Xôfi

Résumé

 

Ce roman raconte la quête d'une  femme sur le passé de sa mère, qui vient de mourir. Un passé douloureux car sa mère était atteinte d'une psychose maniaco-dépressive. Pour quelle raison cette belle femme, née dans les années 1945, est elle tombée dans la maladie? Delphine de Vigan se plonge dans les archives familiales, interroge ses proches, les soeurs et frères de sa mère, sa propre soeur, son père. En ressort, l'apparence d'une grande famille bourgeoise joyeuse et turbulente. Mais cette image se fissure, dès que l'auteur insiste dans sa quête  : Alcoolisme, accidents mortels, suicides, dépressions, tel est le lot de cette famille modèle .

 

Mon avis

 

J'ai dévoré ce livre du début jusqu'à la fin, j'ai beaucoup apprécié le style d'écriture de Delphine de Vignan. Très touchée aussi par cette grande histoire familiale qu'elle nous fait partager et les personnages sont attachants. Bref, c'est un roman que je recommande vivement à tous.

 

rien-ne-soppose-a-la-nuit.jpg

 

Un extrait que j'affectionne particulièrement...

 

"Lucile avait des lubies, des phobies, des coups de gueule, des coups de cafards, aimait prononcer des bizarreries auxquelles elle-même croyait plus ou moins, passer du coq à l'âne et de l'âne au coq, se mettait martel en tête, lançait des piques, frôlait les limites, jouait avec le feu. Lucile aimait naviguer à contre-courant, mettre les pieds dans le plat, se savait sous surveillance, défiait parfois notre regard, s'amusait à nous alarmer et revendiquait sa singularité. Lucile n'aimait pas la foule, le nombre, le monde, les grandes tablées, fuyait les mondanités, se laissait apprivoiser en tête à tête, en petit comité, ou bien au cours d'une promenade, dans le mouvement de la marche. Lucile restait secrète sur ses sentiments, ne livrait jamais le plus intime, réservait à quelques-ns le fond de sa pensée. Elle était ce mélange étrange de timidité maladive et d'affirmation de soi".

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La vérité sur l'affaire Harry Quebert de J. Dicker

Publié le par Xôfi

Roman noir, roman policier, roman sur l'écriture qui se passe aux Etats-Unis .. .670 pages lues en une semaine. Prix Goncourt des Lycéens et Grand prix de l'Académie Française pour J. Dicker jeune auteur suisse.

 

A lire de toute urgence!

 

 

L'histoire se déroule sur la côte du New Hampshire dans une petite ville où vit un illustre écrivain, Harry Quebert, dont l'unique roman est devenu un classique littéraire. Marcus Goldman est un jeune écrivain qui vient de publier un énorme succès de librairie et dont tout le monde, surtout son éditeur, attend un nouveau roman. Seulement, c'est la page blanche. Marcus se rend chez Harry qui était son professeur à l'université et son mentor afin de trouver une solution à son problème. Mais  la page va rester  blanche jusqu'à ce que le corps d'une jeune fille disparue en 1975 refasse surface et avec elle, le passé mystérieux de Harry. Entre 1975 et aujourd'hui, nous allons faire de nombreux allers-retours pour pouvoir recoller morceau par morceau cette terrible et triste histoire et découvrir  la vérité sur Harry Quebert.

 L'intrigue est très bien ficelée: je me suis laissée avoir à chaque indice sans jamais deviner qui était le vrai coupable. La relation entre les deux hommes est chouette, j'ai aimé les conseils du maître à l'élève: on est dans une enquête, mais aussi dans la construction d'un roman et dans celle  d'un personnage. 

Un extrait :

 "Un bon livre, Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l'effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernir mot, pendant un instant, il ne doit plus penser qu'à tout ce qu'il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé."

 

Et c'est exactement ce que j'ai ressenti après avoir lu ce grand roman noir écrit par un suisse.

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Un jour, le soleil nous révélera où il trouve la force de se lever le matin

Publié le par Xôfi

 

De février 2010 à juillet 2010, Sylvain Tesson décide de faire un voyage immobile, seul, dans une cabane au bord du lac Baïkal et de rédiger son journal intime "Dans les forêts de Sibérie" .Dans ses bagages il y a  des livres, des cigares et de la vodka. Il  nous raconte ses difficultés mais surtout  son émerveillement devant la nature et des quelques rencontres avec des pêcheurs.

 

Même si j'ai beaucoup aimé l'idée de la retraite solitaire au milieu de nulle part, je n'ai pas accroché à ce récit. Le début m'a enthousiasmée puis au fil des pages, j'ai eu une certaine lassitude à lire ses pensées philosophiques de solitaire et j'avoue ... je n'ai pas terminé le livre. Cependant, j'ai noté quelques chouettes passages.

 

 

   Mes passages favoris :

 

22 février " Une fuite, la vie dans les bois? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les foudrières de l'habitude donnent à l'élan vital. Un jeu? Assurement. Comment appeler autrement un séjour sur un rivage forestier avec une caisse de livres et des raquettes à neige? Une quête? Trop grand mot. Une expérience? Au sens scientifique, oui. La cabane est un laboratoire. Un paillasson où précipiter ses désirs de liberté, de silence et de solitude. Un champ expérimental où s'inventer une vie ralentie."

 

 

27 février "Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premiers sont durs et froids en surface mais profonds, tourmentés et vivants en dessous. Les  seconds sont doux et spongieux d'apparence mais leur fond est inerte et imperméable. "

 

 

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Un très joli texte...

Publié le par Xôfi

La nouvelle "La ZaouÏa"  ( dans le recueil "Amours Nomades" d'Isabelle Eberhardt commence de cette manière :

 

"Tous les matins, à l'heure où le soleil se levait, je venais m'asseoir sous le porche de la zaoÏua Sidi Abd er Rahman, à Alger. J'ai ressenti là, à l'ombre antique de cette mosquée sainte de l'islam, des émotions ineffables au son de la voix haute et forte de l'imam psalmodiant ces vieilles paroles de la foi musulmane en cette belle langue arabe, sonore et virile, musicale et puissante comme le vent du désert où elle est née...".

 

Eberhardt-Amours-nomades

 

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Amours nomades d'Isabelle Eberhardt

Publié le par Xôfi

  OD 0911 OD Legenden Isabelle Eberhardt

 

" Amours nomades" est  un recueil de nouvelles qui se déroulent en Tunisie et en Algérie. Ce sont de très beaux textes que nous livre l'aventurière décédée à 27 ans. J'ai particulièrement apprécié un des extraits de cet auteur cité dans le texte de présentation de ce recueil :

 

"Un droit que peu d'intellectuels se soucient de revendiquer, c'est le droit à l'errance, au vagabondage (...). Pour qui connaît la valeur et aussi la délectable saveur de la solitaire liberté (car on est libre que tant qu'on est seul), l'acte de s'en aller est le plus courageux et le plus beau. (...) Etre seul, être pauvre de besoins, être ignoré, étranger et chez soi partout, et marcher, solitaire et grand à la conquête du monde"  dans "Heures de Tunis en 1902").

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Avant la nuit de Reinaldo Arenas

Publié le par Xôfi

La biographie de Reinaldo Arenas débute par la fin. Sa mort qu'il sait imminente ne sera que la conclusion attendue d'une maladie qui le détruit. L'écrivain cubain qui fit de sa lucidité une arme littéraire tranchante décide alors d'écrire le roman de sa vie.  Ce texte est un hymne à la vie et à l'esprit de révolte, à l'amour et à la liberté.

 

Reinaldo Arenas eut une vie hors du commun. Une existence de personnage de roman qu'il voua à l'écriture et à  son combat contre la répression et  la bêtise. Une enfance pauvre mais libre.  Ce livre parle de l'espoir en la révolution castriste et sa déception, des amours homosexuelles, de sa passion de l'écriture, de la censure,  des travaux forcés, et de l'emprisonnement...

 

  avtlanuit.jpg

Mon avis : 

 

J'ai découvert un écrivain très fort à l'écriture poètique et sans tabou. L'auteur nous livre ses émotions à l'état brut, c'est très fort, ça remue. C'est un véritable appel à la liberté sans concession pour la politique de Castro, pour Frédérico Garcia Marquez et pour le capitalisme américain.

 

  J'ai retenu de très nombreux extraits, je ne vais pas tous les noter...mais les suivants sont particulièrement forts :

 

Dans le chapitre "Dans la rue"


"Le seul avantage, c'est qu'on pouvait voir la mer, la voir seulement, car on ne pouvait plus s'y baigner. Sur ordre du gouvernement, seuls les travailleurs syndiqués et à jour dans leur cotisation menseulle avaient l'autorisation d'y aller. D'ailleurs, ces travailleurs ne pouvaient pas non plus fréquenter une plage de leur choix mais celle qui dépendait de leur syndicat. Pour séparer les plages, on avait édifié de très hautes murailles qui s'avançaient jusqu'à la mer, la bureaucratie avait aussi atteint la mer. Moi qui étais sans travail, je n'avais même pas le droit de m'approcher de l'une de ces plages, je pouvais tout au plus m'asseoir devant le front de mer. Là non plus, on n'avait pas le se baigner, si on y était surpris, on nous arrêtait. Comment vivre dans une île sans avoir accès à la mer? J'avais toujours pensé que la seule chose à Cuba qui nous avait empêchés de sombrer dans la folie absolue, c'était la possibilité d'aller au bord de la mer, d'entrer dans l'eau, de nager"  1976

 

 

"L'un des aspects les plus lamentables des tyrannies, c'est qu'on y prend tout au sérieur et que le sens de l'humour disparaît. Cuba a échappé à la réalité, au cours de l'histoire, à travers la satire et la farce. Cependant, avec Fidel Castro, le sens de l'humour a disparu au point d'être banni. Le peuple cubain a perdu l'une de ses rares possibilités de survie; en lui ôtant le rire, on a ôté au peuple le sens le plus profond des choses. Oui, les dictatures sont pudiques, guindées et absolument ennuyeuses."

 

  Avant-la-nuit2.jpg

Avant la nuit a été adapté au cinéma par Julian Schnabel en 2000.

 

 

Publié dans Littérature

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